Retour sur Mining Indaba 2026 – Temps forts des investissements chinois dans le secteur minier africain
Du 8 au 11 février 2026, Victor Grandguillaume et Chen Xi, membres du groupe Afrique de Gide, ont participé à la conférence Mining Indaba au Cap, où ils ont renoué avec des acteurs clés du secteur minier africain, notamment des sociétés minières, des institutions financières et des représentants gouvernementaux.
L’édition de cette année a été marquée par une présence particulièrement marquée de grandes entreprises chinoises, impliquées dans le développement de certains des projets de ressources naturelles les plus significatifs du continent (tel que le projet de minerai de fer Simandou ou le projet de lithium Manono). Nous présentons ci‑dessous quelques faits marquants et tendances clés relatifs aux investissements chinois dans le secteur minier africain.
Poursuite de la croissance des investissements chinois en Afrique dans un contexte d’intensification de la concurrence mondiale pour l’accès aux ressources naturelles
En 2025, les investissements directs non financiers sortants de la Chine ont atteint 145,66 milliards de dollars américains, les projets de construction menés à l’étranger par des entreprises chinoises se sont élevés à 289,22 milliards de dollars américains (en hausse de 8,2 %), tandis que les investissements chinois en Afrique ont progressé de 41 %.
Aujourd’hui, les investissements sortants de la Chine dépassent les investissements entrants en Chine, faisant de la Chine un important exportateur de capitaux. Cette tendance devrait se poursuivre, les entreprises chinoises cherchant à sécuriser des ressources stratégiques à l’étranger, à développer de nouveaux marchés et à diversifier leurs sources de revenus à l’échelle mondiale, avec un accent particulier sur les pays émergents, dans un contexte de faible demande intérieure, de concurrence intense sur le marché domestique et d’environnement commercial international complexe.
Cette dynamique est particulièrement marquée en Afrique, en raison d’une forte complémentarité des besoins : la Chine a besoin de ressources minérales et de nouveaux marchés pour le développement de chemins de fer, ports, routes, centrales électriques, raffineries et usines, tandis que l’Afrique a besoin de capitaux et d’infrastructures pour assurer le développement du continent.
Empreinte des acteurs chinois dans le secteur minier africain
Au-delà de la poursuite de la croissance en valeur, nous observons une évolution dans la nature des investissements chinois dans le secteur minier, qui s’éloignent de simple extraction de ressources pour inclure des investissements dans des installations industrielles liées au secteur minier ainsi que dans la production d’énergie, afin de tenir compte de la volonté des États hôtes de tirer parti des investissements miniers pour développer une industrie locale :
- La République de Guinée est désormais le premier fournisseur de bauxite de la Chine, et les entreprises chinoises y développent des projets hautement stratégiques, parmi lesquels le projet Simandou, des raffineries d’alumine, des projets énergétiques et des projets d’infrastructures clés.
- En République démocratique du Congo, les investissements chinois dans le secteur minier ont atteint 250 milliards USD, représentant les trois quarts de la production nationale de cuivre et de cobalt. Zijin Mining y développe également un important projet de lithium, tandis que des investisseurs chinois sont aussi très présents dans de grands projets de production et de transport d’énergie.
- Des investisseurs chinois sont également présents au Ghana (or, bauxite), en Côte d’Ivoire (or, bauxite), au Mali (or et lithium), au Burkina Faso (or), en Mauritanie (or), au Congo‑Brazzaville (potassium), au Gabon (manganèse), en Afrique du Sud (or, chrome, manganèse), au Zimbabwe (lithium, métaux du groupe du platine), en Zambie (cuivre), en Tanzanie (or, graphite), au Botswana (cuivre), en Éthiopie (or), au Mozambique (zirconium, titanate), en Namibie (uranium), en Sierra Leone (minerai de fer), au Liberia (minerai de fer, manganèse), au Kenya (cuivre), au Nigeria (colombo‑tantalite) et à Djibouti (sel industriel).
- L’Afrique du Nord (en particulier l’Algérie) offre également d’importantes opportunités pour de futurs investissements chinois dans le secteur minier (phosphate, cuivre, or, zinc).
Défis et opportunités
Les investisseurs chinois sont toutefois confrontés à un environnement de plus en plus complexe dans de nombreuses juridictions africaines, marqué par un renforcement des exigences en matière de contenu local, de développement des communautés locales, d’infrastructures et d’industries an aval. Ces dernières années, les investissements chinois dans le secteur minier africain ont ainsi évolué d’une logique de simple acquisition de ressources vers une stratégie intégrant l’’industrialisation en aval ainsi que le développement d’infrastructures énergétiques et de transport stratégiques. Cette approche permet aux États hôtes de renforcer leurs capacités industrielles, tout en offrant aux entreprises chinoises une meilleure intégration dans les marchés mondiaux.

